Sur le chemin de l’organisation autonome : témoignage de David Le Norcy, gérant d’Aide@Venir

Sur le chemin de l’organisation autonome
Sur le chemin de l’organisation autonome : témoignage de David Le Norcy, gérant d’Aide@Venir

David Le Norcy a intégré le secteur de l’aide à domicile car il a été touché par les auxiliaires de vie qui s’occupaient de ses parents. Il a pris la direction du groupe Aide@Venir qui comprend 6 agences d’aide à domicile avec l’envie de changer son fonctionnement vers l’organisation autonome. Pour lui, comme pour Alenvi, l’autonomie des équipes et la gouvernance partagée sont apparues clés pour remettre l’humain au cœur de l’accompagnement.

L’organisation autonome pour répondre aux difficultés rencontrées par les professionnels de l’aide à domicile

David Le Norcy faisait appel à des auxiliaires de vie pour accompagner ses parents âgés. Il était alors frappé des difficultés que rencontraient ces professionnels : manque de reconnaissance, précarité dans leurs conditions d’emploi (70% sont à temps partiel subi), faible rémunération (au SMIC, parfois en-dessous), etc.

J’avais trouvé une humanité dans les personnes intervenantes et en même temps beaucoup de difficultés.

David Le Norcy

Ces difficultés peuvent décourager les professionnels de l’accompagnement. D’ailleurs, avant de prendre la direction d’Aide@Venir, David Le Norcy constatait un taux de turnover qui était de plus de 85% et l’entreprise comptait un nombre important d’arrêts.

Vers l'organisation autonome avec Compani

Face à ce constat, plusieurs problèmes dans le management des équipes ont été identifiés. En effet, les dirigeants organisaient les plannings et géraient les recrutements. Ils prenaient les décisions et les auxiliaires de vie exécutaient. Par ailleurs, ces derniers travaillaient seuls au quotidien et n’avaient que rarement l’occasion de se réunir et de partager avec leurs collègues.

Alors comment redonner l’envie à ces professionnels d’exercer leur métier par passion et moins par contrainte ?

Pour David Le Norcy, il est nécessaire de faire évoluer le secteur de l’aide à domicile, du rôle du directeur à celui des intervenants en passant par celui des chefs de secteur. Il a pris la direction générale du groupe en se donnant pour mission de changer une entreprise en difficulté et d’améliorer les conditions de travail des auxiliaires de vie en remettant l’humain au cœur du métier. Pour ce faire, Aide@Venir a cheminé vers l’organisation autonome afin revaloriser le métier d’auxiliaire de vie en responsabilisant les équipes.

Comment s’engager dans l’aventure de l’organisation autonome ?

Fort de tous ces constats, Aide@Venir a donc décidé de modifier sa gestion pour l’adapter au mieux aux enjeux du secteur. Dans un premier temps, l’entreprise s’est transformée en société coopérative d’intérêt collectif pour permettre à une grande partie des salariés de s’impliquer dans la structure. Ensuite, plus de responsabilités ont été donné aux équipes en les autonomisant et en désacralisant le rôle du dirigeant.

Aujourd’hui, la gouvernance est partagée grâce à un système de codirection dans lequel ce n’est ni le dirigeant ni les chefs de secteur qui gèrent tout. Les fonctions sont repartagées et redéfinies entre les différentes équipes par rapport au domaine de compétences de chacun. Par exemple, les auxiliaires de vie font leur propre planning en fonction de leurs disponibilités et gèrent le recrutement de leurs pairs. Ils travaillent en équipes pour pouvoir échanger, notamment sur les difficultés rencontrées, afin de trouver ensemble des solutions.

Pour pérenniser ce modèle, les managers doivent coacher les équipes pour qu’elles l’adoptent et adhèrent à cette vision du management.

Désormais, les équipes d’Aide@Venir sont accompagnées dans ce processus de transformation sans leur imposer le changement. Selon David Le Norcy, la clé de la réussite c’est que chacun puisse comprendre les problèmes et puisse les résoudre par soi-même sans nécessairement aller chercher des réponses auprès des supérieurs. Le dirigeant et chefs de secteurs ont alors le rôle d’un consultant et d’un facilitateur auprès des équipes. Ils les accompagnent et les conseillent mais ne leur disent pas ce qu’elles doivent faire.

Face à des difficultés ou des questionnements qu’elles ont, je donne un avis extérieur pour qu’elles puissent trancher.

David Le Norcy

Les bénéfices de l’organisation autonome :

Aujourd’hui, les équipes d’Aide@Venir ne sont pas 100% autonomes mais elles vivent et évoluent de manière indépendante. Le confinement a joué un rôle important dans le changement de mentalité car il a permis à chaque équipe de se projeter dans cette nouvelle vision du management.

La période du confinement a été un élément révélateur : l’urgence de devoir changer notre mode de fonctionnement a prouvé notre faculté de changement.

David Le Norcy

Aide@Venir établit un bilan très positif de cette nouvelle organisation. Les équipes ressentent une sensation de bien-être qui motive tout le monde à continuer ce processus de transformation. Aujourd’hui, tous les collaborateurs voient l’intérêt de cette nouvelle organisation : les auxiliaires de vie sont responsabilisés, ils s’investissent et sont motivés. L’organisation autonome a réellement permis de simplifier le travail des encadrant tout en revalorisant le métier d’auxiliaire de vie, le rendant ainsi plus attractif !

Les auxiliaires organisées en équipe se réunissent régulièrement, et communiquent au quotidien. Ils s’organisent pour gérer leur emploi du temps ou encore le recrutement de leurs pairs. Ces rencontres sont aussi cruciales pour l’épanouissement des auxiliaires : elles permettent aux professionnels de l’accompagnement de sortir de leur solitude.

C’est satisfaisant de voir les gens s’épanouir dans leur travail !

David Le Norcy

Le chemin vers l’organisation autonome doit se faire pas à pas. Compani accompagne les structures qui souhaitent se transformer. Cet accompagnement permet de découvrir les enjeux de la transformation et d’amorcer collectivement le changement. Pour ce faire, les dirigeants et équipes d’encadrants suivent des formations pour changer leur posture et les auxiliaires de vie apprennent à bien aborder cette nouvelle façon de travailler.